Exposition « Movimento » à la galerie Magia Imagem

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2005 - Ao Tempo - 180x140
2005 – Ao Tempo – 180×140

Le dessin a toujours été un moyen d’arriver à la peinture. Ce qui m’intéresse parfois, c’est de jouer, un jeu de bipolarisation entre le dessin et la peinture. Je ne me laisse pas prendre par le dessin, parce qu’on devient prisonnier des lignes. La question de l’affectivité est de laisser les émotions s’exprimer librement et de libérer l’esprit. Les coups de pinceaux sont émotifs avec la gestuelle, dans un état de libération de l’ego, de non-conscience.

Je pense que le fait de réaliser, l’acte de conscience quand on peint une toile, est la convergence de deux entités opposées, conscience / non-conscience. Quand je peins un tableau de tauromachie, je peins les émotions, les gestes, le rituel, je cherche à me mettre dans la peau du toréador, entre la vie et la mort. Le taureau est un animal noble, il me suffit d’une tache de peinture noire et je vois le taureau, c’est le noir qui bouscule les concepts. Il existe un point de convergence très fort, et chaque coup de pinceau se transforme en une danse. Dans ces tableaux, j’explore l’esprit, comme un acte thérapeutique, par la non-conscience, par l’automatisme.

 

2005 - Um Silêncio - 180x140
2005 – Um Silêncio – 180×140

Nous sommes des animaux pensants, et nous réalisons nos pensées que nous ne pensons pas, quand nous ne calculons pas. Il existe une relation certaine entre les traits et les coups de pinceaux qui amènent la couleur. Il y a longtemps je disais que c’étaient les veines qui courraient sur la toile, les traits sont les nerfs. Je sentais le besoin de lancer mes émotions sur les toiles avec des traits. Quand j’étais au lycée, et que le professeur n’était pas dans la classe, j’allais au tableau noir pour dessiner et pour gribouiller, il y avait des craies de couleur. Peindre c’est retourner en enfance, je libère mon esprit et parfois je me sens de nouveau comme cet enfant qui gribouille sur une toile.

La vérité vient de la franchise de peindre, s’exprimer à travers la peinture avec authenticité. Je dis que des rivières de couleurs courent dans mes toiles, comme dans un poème, et la vérité vient de la façon dont on peint avec son propre sang, au sens métaphorique, une manière de transcender la technique pour la virtuosité de la peinture devienne un art sans artifice.

Saulo Silveira